Prenons un peu de recul sur le bilan de M. Da Silva

Dans son document de campagne, le maire sortant dresse un tableau particulièrement flatteur de son action et déroule un programme long comme un soir d’hiver.
Mais au-delà des formules valorisantes, que disent réellement les faits ?

Examinons point par point.

Un bilan parfois… opportunément réécrit

Louverture de lEHPAD Geneviève de Gaulle-Anthonioz

Présentée comme une réalisation phare du mandat, cette structure est en réalité un projet lancé lors du mandat précédent.

Quant à son implantation, elle interroge : absence d’espaces verts pour les résidents, environnement contraint entre Villebon 2, une route passante, les couloirs aériens d’Orly et une ligne à haute tension. Peut-on vraiment parler d’un cadre de vie exemplaire pour nos aînés ?

La Maison de Santé Madeleine Brès

Il s’agit en fait d’un cabinet regroupant deux généralistes, une gynécologue et une dermatologue (cette dernière disposant déjà d’une patientèle complète, sans prise de nouvelles patientes et patients Villebonnais).

C’est un début. Mais cela reste notoirement insuffisant. Villebon demeure l’une des communes françaises de plus de 10 000 habitants les moins dotées en médecins généralistes. Le problème de désertification médicale n’est pas réglé.

Une ville commerçante ?

L’expression est séduisante. Pourtant, aucune analyse sérieuse de la situation des commerces de proximité n’est proposée.

Depuis des années, ils subissent la concurrence accrue de Villebon 2 et de grandes enseignes comme Costco. Où est la stratégie municipale de soutien au commerce local ?

Des investissements coûteux pour des résultats limités

Le terrain dhonneur hybride au centre sportif

Plus d’un million d’euros pour un gain d’utilisation très modeste : 15 heures hebdomadaires au lieu de 12.
Un investissement proportionné ? La question mérite d’être posée.

Le planchodrome

Demandé par le Conseil Municipal des Jeunes il y a près de 20 ans, il voit enfin le jour.
Mais son implantation à l’intérieur du centre sportif, avec des horaires contraints, limite fortement son accessibilité.

Environnement : des oublis révélateurs

Lopération « Cours Oasis »

Le maire présente cette initiative comme une nouveauté.
Rappelons pourtant que nous avions proposé dès 2021 la désimperméabilisation des cours d’école, proposition alors écartée avec condescendance par la majorité.

L’opération « Nature en ville »

Là encore, la mémoire semble sélective.

  • La zone humide boisée derrière la MJC a été sauvée grâce à notre seule mobilisation.
  • Le maire a soutenu, malgré notre opposition, la bétonisation de 13 hectares derrière le Grand Dôme (un pré encore occupé par des vaches en 2013) pour y construire des locaux d’entreprises, alors que des millions de m² de bureaux sont vacants en Île-de-France et que le site est éloigné du RER.

L’opération « Mon arbre à moi »

Si l’idée est symboliquement sympathique, planter un arbre par an est présenté comme un engagement écologique fort.

Pourtant :

  • 51 arbres devaient être abattus derrière la MJC dans le cadre du projet pour les personnes en situation de handicap.
  • 39 arbres sont menacés sur le parking Jacques Brel.
  • La construction de l’EHPAD a nécessité un déboisement important.

L’engagement écologique ne peut se limiter à des opérations symboliques.

Urbanisme : des avancées… mais quelle vision pour demain ?

Le nouveau Plan Local d’Urbanisme comporte enfin certaines évolutions que nous réclamions depuis des années. Nous nous en réjouissons.

Mais l’absence totale de contraintes sur l’aménagement de l’ex-DGA est préoccupante :

  • pas de nombre de logements maximal,
  • pas de bâtiments protégés,
  • pas d’arbres sanctuarisés.

La porte est ouverte à un projet pouvant dépasser 600 logements, comme évoqué dans le Plan Local de l’Habitat. Une occasion unique de repenser le quartier semble manquée.

Transition écologique : des intentions affichées, des résultats limités

Véhicules à faibles émissions

La municipalité met en avant l’acquisition de véhicules « propres ».
Pourtant, la plupart des derniers achats sont thermiques. L’argument avancé en séance du Conseil Municipal ?

L’autonomie des véhicules électriques…Pour des véhicules qui circulent dans une commune d’à peine 4 km de long, cet argument peine à convaincre.

Gestion des équipements publics : des choix contestables

Le projet de nouvelle crèche illustre une gestion précipitée :

  • démolition en urgence d’une maison appartenant au patrimoine communal,
  • projet abandonné quatre ans plus tard,
  • 2,3 millions d’euros dépensés,
  • un terrain nu de 1 700 m² pour seul résultat.

Le coût pour les finances publiques est considérable.

Mobilité : peu de progrès concrets

  • Aucun renforcement notable des transports en commun.
  • Scission des lignes 18 et 19 entrainant une dégradation du service.
  • Installation de barrières anti-vélos sur le chemin des écoles, retirées en quelques jours après protestations et à la traversée de la RD59 par la promenade de l’Yvette qui posent un gros problème d’usage et de sécurité

La «décarbonation de la mobilité douce » mérite mieux qu’un affichage.

Démocratie locale : un fonctionnement à revoir

Plusieurs éléments interrogent :

  • suppression des commissions municipales thématiques qui étaient de véritable groupe de travail dépassant les clivages politiques,
  • consultations dont les résultats ne sont pas toujours pris en compte,
  • pressions sur des agentes et agents municipaux invoquant un devoir de réserve extensif en période électorale,
  • attitude méprisante envers des citoyens pétitionnaires lorsque M. Da Silva fait signer son chien.

La démocratie locale ne se résume pas à des dispositifs formels ; elle repose sur le respect et l’écoute.

Rigueur et transparence : une lecture à nuancer

La dette a diminué de 50 %.
Mais cette baisse s’explique largement par :

  • le ralentissement des projets pendant la crise COVID,
  • l’absence de grands investissements structurants.

Par ailleurs, certaines dépenses interrogent :

  • 2,3 M€ pour le projet abandonné d’une nouvelle crèche,
  • 84 000 € pour le portail d’un particulier,
  • 150 000 € engagés sous conditions pour une parcelle enclavée de 500 m², classée non constructible.

La bonne gestion suppose peut-être de dépenser moins, mais surtout de dépenser mieux.