En comparant les capacités d’accueil annoncées par la commune à un an et demi d’intervalle, nous avons découvert que 10 places avaient disparu des crèches municipales. Nous avons donc demandé des explications lors du Conseil municipal. Les réponses apportées, entre postes, berceaux « suspendus », difficultés de recrutement et départs d’agents, sont loin de nous avoir rassurés. Une chose est pourtant certaine : pour les familles, 10 places d’accueil en moins restent 10 places en moins.
10 places ont disparu des documents municipaux
Le sujet est apparu à l’occasion de la présentation au Conseil municipal du nouveau projet commun des établissements d’accueil du jeune enfant.
Nous avons comparé les capacités indiquées dans ce document avec celles figurant dans le règlement des établissements municipaux adopté en décembre 2024.
Résultat : une place de moins à la crèche Jacques Brel et neuf places de moins au multi-accueil collectif et familial (MACF). Soit, au total, une diminution de 10 places en seulement un an et demi.
Nous avons donc posé une question très simple à la majorité municipale : pouvez-vous confirmer cette diminution et nous expliquer pourquoi ces places ont disparu ? La diminution n’a pas été contestée.
C’est à partir de là que les explications sont devenues beaucoup moins simples.
Des places en moins à cause de postes en moins… ou l’inverse ?
À propos de la crèche Jacques Brel, il nous a d’abord été répondu qu’il y avait « un poste en moins » et qu’il n’y aurait plus d’adjointe. Nous avons alors précisé que notre question ne portait pas sur le nombre de postes, mais sur le nombre de berceaux, c’est-à-dire la capacité d’accueil des enfants.
La réponse a été que les deux étaient liés : le nombre de berceaux détermine les besoins en personnels qualifiés.
Concernant le multi-accueil collectif et familial, une autre explication a été avancée : le départ de deux assistantes maternelles, chacune pouvant accueillir plusieurs enfants, aurait mécaniquement entraîné une diminution du nombre de places.
C’est précisément ce raisonnement qui nous inquiète.
Car est-ce le nombre de places que la commune souhaite offrir aux familles qui détermine les moyens humains à mobiliser ? Ou est-ce désormais le nombre d’agents disponibles qui détermine le nombre de places que la commune décide d’afficher ?
La différence est fondamentale.
Une difficulté de recrutement ne devrait pas devenir une diminution durable de l’offre
Nous comprenons parfaitement qu’une crèche ne puisse pas accueillir des enfants si elle ne dispose pas momentanément du personnel nécessaire pour respecter les taux d’encadrement.
Une place peut donc être temporairement indisponible faute de personnel. La commune doit alors recruter afin de pouvoir la rouvrir.
Mais c’est très différent de réduire la capacité d’accueil inscrite dans les documents de référence.
C’est ce que nous avons essayé de comprendre pendant le Conseil municipal.
La majorité nous a alors expliqué que les postes n’étaient pas fermés et qu’il s’agissait de « berceaux suspendus » : dès que le personnel nécessaire serait disponible, ces berceaux pourraient rouvrir.
Très bien.
Nous avons donc reposé la question : les 10 berceaux qui ont disparu entre les deux documents sont-ils bien des berceaux suspendus ?
Il nous a finalement été répondu qu’une partie de ces places était effectivement suspendue en raison d’un poste d’auxiliaire de puériculture que la commune ne parvient pas à pourvoir. Une section est ainsi gelée depuis plusieurs mois. D’autres places sont liées à des départs d’assistantes maternelles de la crèche familiale, notamment pour des départs à la retraite ou des changements de service au sein de la commune.
On comprend donc mieux l’origine de la baisse.
Mais une question essentielle demeure : ces 10 places ont-elles vocation à être réellement recréées ?
« Berceaux suspendus » : jusqu’à quand ?
Le terme employé pendant le Conseil municipal est important.
Si ces berceaux sont véritablement « suspendus », cela signifie qu’ils existent toujours dans l’objectif de capacité d’accueil de la commune et qu’ils doivent rouvrir lorsque les recrutements nécessaires auront abouti.
Dans ce cas, pourquoi avoir réduit la capacité affichée dans les nouveaux documents ?
Et surtout : quel est l’objectif de la municipalité ? Souhaite-t-elle retrouver les capacités de décembre 2024 ? Quels postes sont actuellement ouverts au recrutement ? Combien de places pourront être rouvertes lorsqu’ils seront pourvus ? Dans quel délai ?
Sur ces points, le débat du Conseil municipal ne nous a pas apporté les réponses claires que nous attendions.
« Presque toutes les demandes ont été satisfaites » : est-ce vraiment le sujet ?
Un autre argument nous a surpris.
Pour relativiser cette diminution, la majorité a indiqué que, lors de la dernière commission d’attribution, quasiment toutes les demandes avaient été satisfaites et que les enfants restant en attente concernaient principalement la section des bébés.
Elle a également évoqué des familles qui, après avoir obtenu une place, se désistent.
Mais cet argument ne répond pas à notre question.
Des désistements existent naturellement : une famille peut avoir trouvé entre-temps un autre mode de garde, changé de situation professionnelle ou simplement ne plus avoir besoin de la place proposée. La commune indique d’ailleurs elle-même qu’elle se tourne alors vers la liste d’attente pour attribuer la place à une autre famille.
Et surtout, le fait que la demande actuelle puisse être presque satisfaite avec une capacité réduite ne signifie pas qu’il soit souhaitable de réduire durablement cette capacité.
D’autant que Villebon évolue.
Villebon construit des logements : anticipons les besoins des familles
De nouveaux logements sont construits dans notre commune et de nouveaux habitants et habitantes arrivent ou arriveront dans les prochaines années.
Parmi elles et eux, il y aura des familles avec de jeunes enfants.
La politique de la petite enfance ne peut donc pas se limiter à constater la demande à un instant donné. Elle doit anticiper les besoins futurs.
Une place en crèche ne se recrée pas du jour au lendemain. Il faut disposer des locaux, recruter et fidéliser les professionnels, organiser les équipes et obtenir les autorisations nécessaires.
C’est pourquoi nous considérons qu’une difficulté de recrutement, aussi réelle soit-elle, ne doit pas conduire à revoir progressivement à la baisse l’ambition de la commune en matière d’accueil de la petite enfance.
Au contraire, elle devrait conduire à se demander : comment rendre ces métiers et ces postes suffisamment attractifs pour maintenir notre capacité d’accueil ?
Les familles ont besoin de visibilité
Nous ne minimisons pas les difficultés de recrutement que connaissent les métiers de la petite enfance. La commune peut réellement rencontrer des difficultés pour pourvoir certains postes.
Mais cette situation doit être distinguée d’un choix politique sur le nombre de places que Villebon souhaite proposer aux familles.
Si les 10 places sont simplement suspendues, nous demandons qu’elles restent clairement identifiées comme faisant partie de la capacité que la commune entend retrouver et qu’un plan de recrutement permette leur réouverture.
Si, au contraire, la municipalité considère que certaines de ces places ne sont plus nécessaires et entend réduire durablement la capacité d’accueil, alors elle doit le dire clairement et expliquer ce choix aux Villebonnais.
On ne peut pas laisser s’installer une situation où, au gré des départs et des difficultés de recrutement, la capacité d’accueil diminue progressivement jusqu’à ce que cette diminution devienne la nouvelle norme.
Notre position est simple : les familles ont besoin de solutions de garde et Villebon doit préparer l’avenir. Les 10 places disparues des documents municipaux doivent donc être rétablies dans l’objectif de capacité d’accueil de la commune, et les moyens humains nécessaires doivent être recherchés pour permettre leur réouverture effective.
C’est sur cet engagement concret que nous attendons désormais des réponses.

